Vous venez de signer une offre à 2 310 € brut par mois et vous vous demandez ce qui va vraiment atterrir sur votre compte ? Bonne question. Parce qu’entre le chiffre affiché dans le contrat et ce que vous pouvez réellement dépenser, il y a un écart qui mérite qu’on l’explique clairement, sans jargon RH.
Le chiffre qui compte : combien ça fait en net ?

Pour un salarié non-cadre, un salaire brut de 2 310 € correspond à environ 1 838 € net avant impôt sur le revenu. Une fois le prélèvement à la source appliqué, vous touchez environ 1 753 € net directement sur votre compte bancaire.
Ces chiffres varient selon votre situation fiscale personnelle (taux de prélèvement à la source, parts de quotient familial), mais ils donnent une base solide pour budgéter.
Pour un salarié cadre au même brut, le net est légèrement différent (on y revient plus bas).
D’où vient la différence entre brut et net ?
Le salaire brut, c’est la somme que votre employeur s’engage à vous verser avant tout prélèvement. Le net, c’est ce qu’il reste après que le système social français a pris sa part. Entre les deux, il y a en général 20 à 23 % de déductions pour un non-cadre.
Les cotisations salariales, une liste pas si opaque
Voici ce qui est prélevé sur vos 2 310 € brut :
- Assurance maladie : 7,3 %
- Assurance vieillesse : 6,9 %
- Retraite complémentaire : 3,93 %
- Assurance chômage : 4,05 %
Ces lignes financent votre protection sociale : remboursements santé, retraite, allocations chômage si besoin. Ce ne sont pas des impôts — c’est de la rémunération différée investie dans un filet de sécurité collectif.
La CSG et la CRDS, ces deux lignes qu’on remarque à peine
Deux autres prélèvements s’ajoutent :
- CSG (Contribution Sociale Généralisée) : 9,2 % sur 98,25 % du brut
- CRDS (Contribution au Remboursement de la Dette Sociale) : 0,5 % sur la même base
Ces deux contributions s’appliquent sur une assiette légèrement réduite (98,25 % du brut) pour tenir compte d’un abattement forfaitaire de frais professionnels de 1,75 %. Résultat : sur 2 310 €, la CSG représente environ 208 € et la CRDS environ 12 €.
Au total, les cotisations salariales + CSG/CRDS pèsent environ 22 à 23 % de votre brut, soit à peu près 530 € prélevés chaque mois.
Cadre ou non-cadre : est-ce que ça change le calcul ?
Oui, mais pas de façon spectaculaire. Les cadres cotisent à des régimes de retraite complémentaire différents (AGIRC-ARRCO à un taux légèrement supérieur) et bénéficient parfois de prévoyance cadre obligatoire. En pratique, le taux global de cotisations salariales pour un cadre tourne autour de 25 % contre 22 % pour un non-cadre.
| Statut | Brut | Net avant IR | Net après IR (estimation) |
|---|---|---|---|
| Non-cadre | 2 310 € | ~1 838 € | ~1 753 € |
| Cadre | 2 310 € | ~1 830 € | ~1 745 € |
L’écart est faible à ce niveau de salaire. En revanche, les cadres bénéficient souvent de garanties de prévoyance plus solides : mutuelle renforcée, indemnités de maintien de salaire en cas d’arrêt maladie, ce qui rend cette différence de taux moins pénalisante au quotidien.
Et à l’année, ça donne quoi ?
Sur douze mois, 2 310 € brut représente 27 720 € brut annuel. Côté net, comptez environ :
- 22 056 € net avant impôt (base non-cadre)
- 21 036 € net après impôt sur le revenu
C’est une différence de plus de 6 600 € entre le brut annuel affiché et ce que vous encaissez réellement. Un chiffre utile à garder en tête quand on négocie une augmentation ou qu’on compare deux offres d’emploi. Pour avoir un ordre de grandeur dans le secteur tech, les salaires d’un data engineer en France selon l’expérience donnent une bonne base de comparaison.
À noter : votre employeur débourse lui aussi des cotisations patronales sur votre salaire. Le coût réel pour l’entreprise d’un poste à 2 310 € brut avoisine 3 350 € par mois. C’est ce qu’on appelle le « vrai coût du travail » : et c’est ce qui donne son épaisseur à la notion de salaire chargé.







